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Retour à Winnipeg, point neutre à Québec

8 juillet 2011 1 commentaire

La population de Winnipeg a célébré en grand le retour officiel de ses Jets le 31 mai dernier. (CBC.ca)

On profite de cette journée un peu plus tranquille pour revenir, aujourd’hui, sur les dossiers relatifs au retour de la Ligue nationale de hockey dans deux villes canadiennes, soit Winnipeg et Québec. Alors que la capitale manitobaine réintégrera le circuit Bettman dès la prochaine saison, la Vieille Capitale francophone piétine dans ses démarches et on peut même se demander si elle ne recule pas malgré elle.

Le retour des Jets

C’est en grande pompe, mais avec des réactions partagées, que la LNH annonçait, le 31 mai dernier, la vente des Thrashers d’Atlanta au groupe True North Sports & Entertainment, déjà propriétaire du MTS Centre et du Moose du Manitoba de la Ligue américaine, et du transfert de cette concession à Winnipeg. Si du côté canadien, on se réjouissait de cette annonce officielle, du côté sud, on maugréait un peu plus. Le commissaire Gary Bettman, malgré ses belles paroles, ne semblait pas du tout heureux de la tournure des événements après plusieurs semaines de pourparlers entre les deux groupes d’investisseurs, celui d’Atlanta et celui de Winnipeg. C’est quand même une belle démonstration que son plan “Sud” ne fonctionne pas.

Depuis longtemps pourtant, les Thrashers perdaient des montagnes d’argent à Atlanta, un marché peu propice au hockey qui avait déjà perdu une concession de la LNH en 1980, un club qui avait conservé le nom de “Flames” et qui avait trouvé refuge à Calgary. Encore une fois, la métropole de la Georgie perd son équipe de hockey, faute d’appui populaire et financier, au profit d’une ville canadienne. Au cours des semaines qui ont précédé la fin des Thrashers, plusieurs rumeurs laissaient croire que des investisseurs locaux se manifesteraient, mais rien ne s’est concrétisé, probablement en raison des déficits anticipés pour cette équipe. Finalement, le groupe de Mark Chipman a mené ses négociations jusqu’au bout et a acquis la concession moribonde pour la déménager au Manitoba.

De 1972 à 1996, les Jets ont fait vibrer Winnipeg dans l’AMH et la LNH, et ce, malgré les difficultés que représente ce marché et l’énorme disparité qui existait entre les devises monétaires canadiennes et américaines. Au terme de la saison 1995-1996, l’équipe manitobaine avait été transférée à Glendale, en Arizona, pour devenir les Coyotes de Phoenix. Pourtant, l’appui de la population de Winnipeg était immense et plusieurs milliers de personnes avaient manifesté afin de conserver leur équipe, sans succès. Ces mêmes personnes ont pu célébrer, le 31 mai, le retour de leur formation qui, on l’a appris le 24 juin, retrouvera le nom de “Jets”. Une décision empreinte de logique si vous voulez mon avis puisqu’une grande majorité d’amateurs s’identifiaient à ce nom et souhaitaient le retour de celui-ci.

Les Jets seront dirigés par le directeur général Kevin Cheveldayoff et l’entraîneur-chef Claude Noel en 2011-2012 alors qu’ils évolueront, pour cette saison seulement, dans la division Sud-Est de l’Association de l’Est. Dès 2012-2013, la LNH reverra son système de division et enverra Winnipeg dans l’Ouest. Les Winnipégois n’auront pas une équipe dégarnie à se mettre sous la dent l’an prochain, au contraire! Le capitaine Andrew Ladd vient se signer une entente de cinq ans avec les Jets et il retrouvera, au MTS Centre, ses coéquipiers Nik Antropov, Zach Bogosian, Dustin Byfuglien, Tobias Enstrom, Evander Kane, Bryan Little et Chris Mason, pour ne nommer que ceux-là. Gageons que ces messieurs apprécieront l’appui des partisans du Manitoba qui sera énorme en comparaison avec celui qu’ils ont reçu à Atlanta. Première preuve de l’engouement à Winnipeg: 13 000 abonnements de saison ont trouvé preneur quelques heures seulement après l’ouverture de la billetterie! Il faut aussi dire que Winnipeg est, aujourd’hui, l’une des villes canadiennes qui prend le plus rapidement de l’expansion avec… Québec.

La campagne 2011-2012 des Jets débutera au MTS Centre de Winnipeg le dimanche 9 octobre prochain à 17h00 avec la visite des Canadiens de Montréal. La première visite de la septième équipe canadienne au Centre Bell aura lieu le mercredi 4 janvier à 19h30 et ce sera le premier match de la nouvelle année pour le Tricolore. Quant aux couleurs de la formation manitobaine, elles seront dévoilées d’ici quelques semaines, mais on peut déjà supposer qu’elles ressembleront aux anciennes, soit le bleu, le rouge et le blanc. Plusieurs suggestions de logo circulent présentement et nous vous invitons à choisir votre favori dans le sondage à la fin de cet article.

Québec au neutre

Pendant ce temps, plus près de nous, rien ne va plus à Québec dans le dossier du nouvel amphithéâtre, et donc, dans le dossier du retour éventuel des Nordiques. L’entente conclue entre la ville, représentée par le maire Régis Labeaume, et la compagnie Quebecor, représentée par Pierre-Karl Péladeau, est contestée devant les tribunaux par des opposants qui, à défaut d’être nombreux, ont d’excellentes connaissances des aspects légaux de la chose.

Au cours des derniers mois et des dernières semaines, on aura tout entendu à propos de cette entente, que ce soit favorablement ou non. Il va sans dire que les belligérants en présence se canardent sur la place publique, au grand déplaisir des partisans d’un retour des Nordiques. Actuellement, personne ne gagne rien dans cette chicane, sinon de la visibilité dans les médias. La LNH, elle, regarde probablement la scène en se disant qu’elle n’a rien à aller faire dans ce guêpier où on ne s’entend même pas entre concitoyens. Pourtant, près de 50 000 personnes avaient participé à la Marche bleue, une manifestation en faveur du retour du Fleurdelysée, et plusieurs milliers d’autres ont assisté à des rencontres de la LNH en compagnie de la “Nordiques Nation”. Sans compter que Régis Labeaume a été réélu maire de la Vieille Capitale avec une large majorité et que sa campagne s’appuyait largement sur la construction d’un nouveau Colisée, le retour des Nordiques et une candidature québécoise pour la présentation des Jeux olympiques hivernaux de 2022.

Le débat sera d’actualité pendant encore plusieurs mois alors que le gouvernement québécois présentera, vraisemblablement en septembre, un nouveau projet de loi visant à protéger l’entente Québec/Quebecor de toute contestation judiciaire. Pendant ce temps, un groupe conteste justement cette entente. L’interrogation qui en découle est la suivante: est-ce que la municipalité n’aurait pas dû prendre son temps et établir un accord béton avec Quebecor afin d’empêcher cette levée de boucliers? Est-ce que les deux partenaires ont coupé les coins ronds afin d’en venir à une entente rapide? Mais, avant tout, est-ce que Québec perdrait réellement de l’argent dans toute cette histoire?

C’est dommage à dire, mais la situation actuelle nuit énormément au retour éventuel des Nordiques, une renaissance qui aurait été profitable à toute la population québécoise. Personne ne me fera croire que Winnipeg à la capacité d’accueillir un club de la LNH alors que Québec ne le peut pas, même à proximité des riches Canadiens de Montréal.

Erik Cole et Peter Budaj à Montréal

6 juillet 2011 Commentaires désactivés

Erik Cole s'est joint aux Canadiens de Montréal, à titre de joueur autonome, pour les quatre prochaines saisons. (DobberHockey.com)

Presque plus grosse que la finale de la coupe Stanley et certainement aussi médiatisée, sinon plus, que le repêchage amateur annuel, la chasse aux joueurs autonomes s’est ouverte vendredi dernier dans la Ligue nationale de hockey. Jusqu’à présent, pas moins de 64 joueurs ont trouvé du boulot avec une équipe différente qu’en 2010-2011 et dans plusieurs cas, ils ont obtenu une substantielle augmentation salariale. Quant aux Canadiens de Montréal, ils ont procédé à l’embauche de deux joueurs libres, soit l’ailier gauche Erik Cole et le gardien de but Peter Budaj.

Soyons francs aujourd’hui: le marché a été totalement fou cette année et il ne faut pas voir ici un sens positif au mot “fou”. Les joueurs de très haut niveau n’étaient pas nombreux et pourtant, les directeurs généraux se sont emballés et ont offert de vraies mines d’or à des joueurs qui, en temps normal, auraient dû recevoir bien moins. Est-ce normal qu’une équipe comme les Coyotes de Phoenix offrent un contrat à Keith Yandle pour un salaire annuel moyen de 5,25 M$ alors qu’elle est la possession de la LNH et qu’elle perde un paquet de fric chaque jour? Qu’un gars comme Brad Richards, âgé de 31 ans, reçoive une entente de neuf saisons et 60 M$ des Rangers de New York? Qu’un défenseur comme James Wisniewski, qui est loin d’être le meilleur dans sa zone, signe un contrat de 5,5 M$ par saison pour six ans avec les Blue Jackets de Columbus, une autre organisation qui n’a pas les plus grandes poches du circuit Bettman?

La situation est tout simplement ridicule et la LNH va se mordre les doigts bien assez rapidement d’avoir introduit le concept de plancher salarial à sa dernière entente avec l’Association des joueurs. Pour des marchés comme Montréal, Toronto, New York et Philadelphie, il n’y a aucun problème à dépenser des pesos qu’on n’a aucun mal à empocher. Mais pour des équipes comme les Panthers de la Floride, les Coyotes de Phoenix, les Blue Jackets de Columbus et même les Stars de Dallas qui cherchent désespérément un propriétaire, c’est impensable qu’on prenne autant de risques uniquement pour dépasser ce fameux plancher qui s’établit, actuellement, à 48,3 millions. Que voulez-vous, c’est la loi du marché et les profits du circuit Bettman sont en hausse (principalement en raison de la force des marchés canadiens et des états du nord des États-Unis). Tout le monde doit suivre. On s’étonnera après que des équipes, qui ont accentué leurs dépenses salariales par obligation, soient prises à la gorge l’été prochain…

Le gardien Peter Budaj appuiera Carey Price pour les deux prochaines saisons. (Zimbio.com)

Revenons à ce bon vieux Bleu-Blanc-Rouge qui n’a pas de problème de bas de laine! Avec une dizaine de millions à dépenser, Pierre Gauthier avait des missions bien précises: renforcer son offensive et trouver un bon auxiliaire à son jeune gardien étoile. Dans les deux cas, il n’a pas perdu de temps avant de remplir ses mandats. Tôt dans l’après-midi du 1er juillet, le directeur général des Canadiens à annoncer la mise sous contrat du gardien Peter Budaj, âgé de 28 ans, pour une durée de deux saisons et la bagatelle de 2,3 M$. Pendant quelques saisons avec l’Avalanche du Colorado, Budaj a tenté sa chance comme numéro un, mais ça n’a jamais vraiment fonctionné malgré six années à Denver. Le Slovaque (6’01” et 200 lbs) agira donc comme adjoint à Carey Price pour les deux prochaines années et il pourra partager avec lui ses expériences professionnelles. Dans les circonstances, c’est une très bonne acquisition pour le CH, à un prix “raisonnable” si on compare avec le marché actuel.

Quelques instants plus tard, le grand patron de la Flanelle faisait l’acquisition d’un joueur qui aura été une véritable bête noire au cours des dernières années, l’ailier gauche Erik Cole. On sait tous que l’offensive montréalaise avait besoin de plus de punch et plus de muscle: il a obtenu les deux d’un seul coup en procédant à cette mise sous contrat, d’une durée de quatre saisons et pour un montant de 18 M$. En neuf saisons dans la LNH, majoritairement avec les Hurricanes de la Caroline et pour quelques mois seulement, avec les Oilers d’Edmonton, Cole a amassé 390 points en 620 matchs en plus de 557 minutes de pénalité. Avec un bon gabarit (6’02” et 205 lbs), l’attaquant américain de 32 ans ajoutera du poids à une formation qui en manque énormément, surtout s’il joue sur le premier trio. Son expérience aidera certainement les Canadiens à gagner quelques points supplémentaires au classement et on l’espère, à traverser une ou deux rondes éliminatoires de plus. Rappelons-nous qu’en 2005-2006, Cole avait soulevé la coupe Stanley avec les Hurricanes, même s’il n’avait joué que les deux derniers matchs des séries en raison d’une fracture à une vertèbre. Même s’il reçoit une appréciable augmentation à Montréal, son acquisition est de très bon augure!

Avant que le marché ne s’ouvre, Pierre Gauthier a également réglé plusieurs dossiers. Il a d’abord offert un nouveau contrat au vétéran attaquant Mathieu Darche (une saison, 0.7 M$) avant de s’entendre, pour une durée de trois saisons (et 17,25 M$) avec son général à la défense, Andrei Markov. Ce contrat est probablement plus long que ce que le grand patron ne souhaitait, mais il devait conserver les services de l’arrière russe, même s’il a raté la majeure partie des deux dernières saisons. Le talent de Markov est trop grand pour qu’on le laisse partir et sans une entente avant le 1er juillet, il est certain qu’une autre formation l’aurait engagé.

Au contraire, le CH s’est départi de plusieurs éléments, comme James Wisniewski (Columbus), Jeff Halpern (Washington), Alex Auld (Ottawa), Roman Hamrlik (Washington), Benoît Pouliot (Boston) et Alexandre Picard (Pittsburgh) alors que Tom Pyatt, Paul Mara et Brent Sopel n’ont toujours pas trouvé preneur. Tous ces joueurs, qu’on le veuille ou non, n’avaient plus leur place à Montréal et ont déjà été remplacés dans la formation de Jacques Martin. Pour l’instant, on dénombre onze attaquants, six défenseurs et deux gardiens sous contrat avec le Tricolore. On ne compte pas ici les joueurs autonomes avec restriction qui doivent toujours en venir à une entente avec la direction de l’équipe: c’est le cas de Josh Gorges qui ira vraisemblablement en arbitrage. C’est un dossier qu’on suivra au cours de l’été et sur lequel nous reviendrons quand le temps sera opportun.

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Le bilan 2010-2011 des Canadiens (2e partie)

26 juin 2011 Commentaires désactivés

Le vétéran défenseur Andrei Markov sera de retour avec les Canadiens pour trois autres saisons, malgré deux blessures au même genou en deux saisons. (Cyberpresse.ca)

Plus d’un mois après avoir tenu le bilan de la saison 2010-2011 des Canadiens de Montréal, il est maintenant temps de voir ce que l’avenir rapproché réserve à l’équipe du nouveau président Geoff Molson. Le directeur général de l’équipe, Pierre Gauthier, n’a pas chômé au cours des dernières semaines avec plusieurs mises sous contrat ainsi que la tenue du repêchage et les prochains jours risquent d’être tout aussi occupés avec l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Pour le moment, quinze joueurs sont sous contrat avec le Tricolore alors que d’autres atteindront l’autonomie, complète ou partielle. Essayons de voir ce qui se passera au cours des deux prochaines semaines.

Il faut tout d’abord regarder derrière le banc ainsi qu’aux étages supérieurs du Centre Bell. Jacques Martin, malgré de petites controverses sans fondement ici et là, est bien en selle comme entraîneur-chef et son assistant Perry Pearn également. Pierre Groulx, instructeur des gardiens de but, a fait de l’excellent boulot cette année, Carey Price en constitue la preuve. Restera maintenant à voir ce que fera Kirk Muller qui tentera d’occuper un poste d’entraîneur-chef l’an prochain. Plusieurs postes vacants ont trouvé preneurs, mais l’ancien joueur du CH est toujours à la recherche d’une équipe intéressée à ses services. Depuis longtemps, on réclame un responsable des défenseurs à Montréal, mais avec une formation axée d’abord vers la défensive, ne serait-on pas mieux de réclamer maintenant un expert de l’offensive? C’est un dossier qui pourra s’avérer très important pour la suite des choses. Ce qui est certain, c’est qu’on doit, chez le personnel sportif des Canadiens, trouver des solutions à l’anémie du jeu à forces égales, un point faible de l’équipe depuis quelques saisons déjà. Quant à Kirk Muller, s’il ne trouve pas preneur, reviendra-t-il au Centre Bell ou tentera-t-il de faire ses preuves dans la Ligue américaine?

Dans les bureaux, bien des changements auront lieu au cours des prochaines semaines. Pierre Boivin a quitté ses fonctions de président pour laisse la place au nouveau propriétaire de la concession, Geoff Molson, et son homme de confiance, Kevin Gilmore. Est-ce que monsieur Molson voudra voir son équipe prendre une nouvelle identité ou laissera-t-il ses hommes gérer les choses à leurs propres façons? On peut en douter, mais il est bien possible que le jeune propriétaire demande à ses subordonnés d’encourager davantage la relève québécoise en alignant plus de ceux-ci dans le vestiaire du Centre Bell. On sait que sous Pierre Boivin, les tentatives de rapatrier Daniel Brière et Vincent Lecavalier ont échoué, mais d’autres perches doivent maintenant être tendues afin de redonner au peuple québécois une véritable appartenance à cette équipe et, espérons-le, des coupes Stanley dans un avenir rapproché.

Analysons maintenant la composition actuelle des Canadiens de Montréal à chaque position en fonction des joueurs déjà sous contrat ou qui atteindront leur autonomie la semaine prochaine, si Pierre Gauthier ne s’entend pas avec eux évidemment. Offensivement, le Tricolore de la saison 2011-2012 ressemblera passablement à l’édition précédente avec dix attaquants ayant un contrat en poche. Scott Gomez (7,5 M$), Michael Cammalleri (6 M$) et Brian Gionta (5 M$) sont au beau milieu de leur contrat à long terme avec la formation montréalaise. Tomas Plekanec (5 M$) entamera la deuxième année d’un contrat de six saisons alors que Max Pacioretty (1,5 M$) vient de s’entendre avec le CH pour deux campagnes. On espère qu’il se sera remis totalement de sa grave commotion et de sa fracture à une vertèbre. L’inconstant Andrei Kostitsyn (3,25 M$) a signé un contrat d’une seule saison et il serait surprenant de le revoir dans cet uniforme au-delà de ce délai, à moins qu’il ne connaisse une saison extraordinaire, surtout qu’il deviendra libre comme l’air en juillet 2012. Travis Moen (1,5 M$) et Lars Eller (0,787 M$) en seront à la dernière année de leur contrat alors que David Desharnais (0,75 M$) et Mathieu Darche (0,7 M$) viennent de signer des ententes de deux et une saison respectivement. Tom Pyatt pourrait devenir joueur autonome avec restriction dans quelques jours, mais il serait surprenant de voir partir cet attaquant défensif tant apprécié de Jacques Martin. Benoît Pouliot, lui, deviendra vraisemblablement joueur autonome avec restriction, surtout si on considère son utilisation en fin de saison et en séries éliminatoires. Finalement, Jeff Halpern touchera sa pleine autonomie, mais c’est un joueur d’utilité facilement remplaçable. Bref, peu de changements à prévoir à l’avant.

À la ligne bleue, ça risque de se corser un peu plus puisque seulement quatre joueurs ont une entente valide avec la Flanelle et que l’an dernier, ils étaient onze sous contrat. Malgré un genou passablement amoché lors des deux dernières saisons, Andrei Markov (5,75 M$) a reçu (et a accepté) un contrat de trois campagnes et tout le monde souhaite qu’il soit pleinement remis et prêt à reprendre son poste de général offensif. Jaroslav Spacek (3,833 M$) écoulera la dernière année d’un contrat de trois ans, tout comme le jeune et prometteur P.K. Subban (0,875 M$) qui recevra assurément une offre de longue durée au cours des prochains mois. Ne reste plus que le robuste et vieillissant Hal Gill (2,25 M$) qui joue un rôle de “parrain” avec le jeune numéro 76. Trois autres arrières pourraient devenir joueurs autonomes avec restriction: Josh Gorges, Yannick Weber et Alexandre Picard. Si les deux premiers sont presque assurés d’un retour à Montréal l’an prochain, il en va autrement pour Picard qui a passé pas mal de temps dans les estrades l’an dernier. Quatre défenseurs pourraient finalement atteindre leur pleine liberté le 1er juillet prochain: Roman Hamrlik, James Wisniewski, Paul Mara et Brent Sopel. Personnellement, je crois que le CH devrait laisser partir ces quatre joueurs et s’entendre avec Picard, mais il semble bien que les chances de revoir le numéro 44 soient excellentes. Quant aux trois autres, ils joueront sous d’autres cieux. Bien entendu, un joueur comme Alexei Yemelin pourrait faire son entrée avec le grand club dès le mois d’octobre.

Devant le filet, Carey Price (3 M$) sera encore une fois la tête d’affiche et il en sera déjà à la dernière année de son contrat. Lui aussi devrait recevoir une nouvelle offre à long terme d’ici quelques mois. Quant à son auxiliaire, Alex Auld, il deviendra pleinement autonome et on ne le reverra pas dans l’uniforme bleu-blanc-rouge, ce qui forcera Pierre Gauthier à trouver un nouvel homme masqué d’expérience pour épauler le jeune gardien vedette.

C’est donc dire que les Canadiens ont déjà engagé 62,1 millions de dollars sur une possibilité de 64,3 millions, nouvelle limite salariale pour la saison 2011-2012. Il reste donc un peu plus de dix millions à Pierre Gauthier pour faire son magasinage estival. On ne risque pas d’assister à de folles emplettes au Centre Bell la semaine prochaine, mais quand même! Par contre, le directeur général pourrait troquer certains de ses joueurs sous contrat à une organisation qui n’a pas dépassé le plancher salarial de 48,3 millions. Selon moi, le CH n’a besoin que d’un gardien auxiliaire d’expérience et d’un bon attaquant de soutien. Il peut ensuite puiser dans ses ressources à Hamilton pour compléter le portrait. Je pense ici à des avants comme Ryan White, Andreas Engqvist ou Aaron Palushaj, par exemple. Donc, à moins d’une progression miracle des jeunes joueurs, on ne risque pas de voir une formation grandement améliorée à Montréal l’automne prochain.

Prochain rendez-vous concernant le hockey de la LNH sur Dernière minute de jeu: après la première semaine du mois de juillet alors que le marché des joueurs autonomes sera bien entamé et que certaines équipes auront fait de folles dépenses, comme c’est le cas chaque été!

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Boston en liesse!

16 juin 2011 Commentaires désactivés

39 années de disette ont pris fin ce mercredi pour les Bruins qui ont soulevé la sixième coupe Stanley de leur histoire. (Cyberpresse.ca)

Au fil de l’histoire du sport professionnel, Boston a connu son lot de déceptions, d’attentes et d’espoirs brisés. Les amateurs ont attendu pendant 41 ans une victoire des Patriots de la Nouvelle-Angleterre au Super Bowl et ils ont obtenu satisfaction en 2001. Certains n’ont pas survécu à la malédiction du Bambino qui a pris fin en 2004 lorsque les Red Sox ont remporté une première Série mondiale en 86 ans. Cette fois, c’est au tour des Bruins de mettre fin à une longue disette, une série noire de 39 ans, en remportant ce mercredi soir la précieuse coupe Stanley avec une victoire convaincante sur les Canucks de Vancouver.

Certains devront se rendre à l’évidence et accepter les faits: les Bruins méritent ce sixième titre de leur longue histoire tandis que les Canucks pleinement responsables de leur malheur. En sept parties, la troupe de Claude Julien a inscrit 23 buts et elle n’en a accordé que huit. Elle a surmonté un déficit de deux défaites dès le début de la série et s’est relevée à la maison. Ses trois revers en finale ont été des rencontres extrêmement serrées où leurs opposants ne l’ont emporté que par un seul but. Les Ours ont surmonté la perte de l’un de leurs meilleurs attaquants en Nathan Horton, victime d’un coup à la tête, qu’on le juge salaud ou non. Ils ont réduit au silence l’offensive de Vancouver, pourtant la meilleure en saison régulière, et ont donné une leçon défensive à l’équipe de la Colombie-Britannique. Tim Thomas a été splendide, remportant haut la main le trophée Conn-Smythe pendant que Roberto Luongo était lamentable. Quels arguments supplémentaires vous faut-il?

Avec une égalité de 2-2 en finale, les Canucks ont pourtant repris l’initiative des choses vendredi soir dernier en gagnant le cinquième duel 1-0 au Rogers Arena. Ébranlé par ses contreperformances à Boston, Roberto Luongo a été époustouflant ce soir-là pendant que l’ancien CH Maxim Lapierre comptait le seul but de la rencontre en début de troisième période face à un Tim Thomas toujours aussi intraitable. Les représentants de l’Ouest canadien n’étaient qu’à un gain de leur objectif et pourtant… Lundi soir au TD Garden, les Bruins ont mystifié leur adversaire masqué pour niveler la série 3-3 avec une victoire sans appel de 5-2. En l’espace de trois minutes et quatre secondes en première période, Brad Marchand, Milan Lucic et Andrew Ference battaient Luongo, le chassant de la rencontre. Le doute était semé à nouveau dans l’esprit du Montréalais d’origine et il n’en sortirait finalement pas. Ce mercredi soir à Vancouver, les Bruins ont résisté à la tempête des dix premières minutes et l’ont emporté 4-0 pour remporter ce championnat tant attendu. Patrice Bergeron a ouvert le bal en fin de première période et Brad Marchand a doublé l’avance des siens en milieu de deuxième, juste avant que le numéro 37 n’en rajoute en s’échappant, la rondelle glissant finalement derrière la ligne des buts alors que l’attaquant aurait bénéficié, sans ce but, d’un tir du pénalité. Marchand a planté le dernier clou dans le cercueil des Canucks dans un filet désert, concrétisant la victoire des siens et permettant ainsi à Zdeno Chara de soulever le trophée de Lord Stanley.

On parlera pendant longtemps des incidents qui ont marqué cette grande finale: la morsure d’Alexandre Burrows à l’endroit de Patrice Bergeron, les gestes de moqueries qui ont suivi, la commotion cérébrale de Nathan Horton ainsi que la suspension de son agresseur, Aaron Rome, la fracture vertébrale qu’a subi Mason Raymond lors du sixième match en plus des gestes de frustrations des Canucks (et de leurs partisans) au cours de la dernière période de cet affrontement. La robustesse est une chose, l’intimidation en est une autre et on parle ici de deux aspects essentiels dans la pratique du hockey professionnel, du moins en Amérique du Nord. Par contre, les coups salauds et les tentatives de blessure ne sont et ne seront jamais acceptables et à ce jeu, les deux équipes ont des responsabilités partagées. D’autre part, on oublie facilement que les Blackhawks de Chicago n’ont pas remporté le titre en 2010 grâce à un jeu poli, mais bien avec un style physique, contre la formation la plus robuste et intimidante de la LNH, les Flyers de Philadelphie. Reste qu’on a pu assister à toute une série, pleine de rebondissements et de jeux spectaculaires. Ça, personne ne pourra le nier, peu importe l’allégeance qui nous habite.

L’organisation des Bruins de Boston mérite amplement ce couronnement après une si longue attente et tant d’efforts. Tim Thomas, un gardien qu’on dit sans style, a remporté le titre de joueur le plus utile en séries éliminatoires et a établi des marques personnelles impressionnantes lors de ce long tournoi printanier. Mark Recchi, à 43 ans, a inspiré ses coéquipiers pour ce dernier printemps en carrière. Brad Marchand a démontré l’étendue de son talent et de sa détermination, lui qui en était à sa première campagne dans la LNH. Patrice Bergeron a prouvé sa valeur en agissant commun véritable meneur offensif, devenant la nouvelle référence sur les mises en jeu. Zdeno Chara est devenu le deuxième capitaine d’origine européenne seulement à remporter les grands honneurs. Nathan Horton, pour ses premières séries à vie, a été une bougie d’allumage avant de devenir, à la suite de sa blessure, une source de motivation pour ses coéquipiers. Claude Julien, qui avait la tête sur le billot en avril dernier et qui a été, plus souvent qu’à son tour, démis de ses fonctions d’entraîneur-chef malgré l’excellence de son travail, a fait taire ses détracteurs.

La saison 2010-2011 de la LNH prend donc fin sur cette note et, d’ici quelques jours, avec un défilé dans les rues de la métropole du Massachusetts. Suivront, la semaine prochaine, la dernière partie de notre bilan de la campagne des Canadiens de Montréal et, vendredi soir, le repêchage annuel en provenance du Minnesota.

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Une finale pour hommes!

9 juin 2011 Commentaires désactivés

Les Bruins se sont brillamment relevés de leurs deux revers à Vancouver pour égaler la série qui les oppose aux Canucks. (NESN.com)

Garçons et filles, c’est l’heure du lit! La grande finale de la coupe Stanley opposant les Bruins de Boston et les Canucks de Vancouver n’est certainement pas une confrontation de cour d’école. Les équipes de Claude Julien et d’Alain Vigneault ne donnent pas dans la dentelle et la robustesse est omniprésente après quatre parties. La série, même si elle est égale 2-2, n’est pas si partagée qu’elle ne le semble à première vue. Si les Canucks ont remporté deux victoires in extremis à Vancouver, ce fut beaucoup plus facile pour les Bruins à Boston lors des deux dernières rencontres. Les Ours ont pris leur élan et il faudra toute une performance des représentants de l’Ouest pour renverser la tendance.

Les deux premiers duels, présentés au Rogers Arena le 1er et le 4 juin, ont donné lieu à du jeu très serré et passablement défensif. Lors du premier match, les Canucks se sont heurtés à un Tim Thomas spectaculaire et à des Bruins beaucoup plus combattifs qu’ils ne le pensaient, mais ils ont tout de même réussi à offrir une victoire de 1-0 à leurs partisans, Raffi Torres inscrivant le seul but du match avec 19 secondes à faire en troisième période. Le jeu s’est ouvert un peu plus samedi soir dernier, mais encore une fois, Vancouver a eu le meilleur par un seul filet d’écart, cette fois avec un compte de 3-2. Alexandre Burrows a inscrit le seul filet de la première période, mais les Bruins sont revenus en force lors de l’engagement médian avec des buts de Milan Lucic et Mark Recchi. À mi-chemin en troisième, Daniel Sedin a créé l’égalité et après seulement onze secondes de prolongation, Alexandre Burrows a marqué le but le plus important de sa carrière.

Deux victoires à la maison des Canucks qui passeront à l’histoire pour une toute autre raison: le fameux épisode de la morsure d’Alexandre Burrows lors de la deuxième période du premier match. Au cours d’une dispute passablement endiablée en fin d’engagement entre le hockeyeur de Pincourt et Patrice Bergeron, ce dernier a passé la main au visage de son adversaire qui en a profité pour donner un bon coup de mâchoire sur le doigt du Bostonnais. Burrows n’a été ni pénalisé, ni suspendu pour ce soudain appétit et de nombreux gestes de moqueries ont été échangés par les deux équipes à ce sujet au cours des deux rencontres subséquentes. Il a fallu une intervention de la LNH pour que les enfantillages cessent enfin.

L’autre fait qui passera à l’histoire quant à cette finale, c’est la percutante et dangereuse mise en échec encaissée par Nathan Horton au tout début du troisième match. À 5:07 de la première période, le défenseur Aaron Rome a tenté de dévisser la tête de l’attaquant des Bruins avec un coup d’épaule qui a touché sa cible. Totalement sonné sur la patinoire, Horton a quitté la patinoire sur une civière avant de passer la nuit à l’hôpital et d’apprendre que sa saison était terminée, faute d’une sévère commotion cérébrale. Le lendemain, Rome a lui aussi appris qu’il avait terminé sa campagne puisque le circuit Bettman l’a suspendu pour le reste de la série, soit pour une durée de quatre matchs. Cette excellente décision relativement à un autre coup à la tête n’aidera toutefois pas les Bruins à remplacer le numéro 18 qui connaissait d’excellentes premières séries en carrière.

Ce coup d’épaule salaud est, jusqu’ici, le point tournant de la finale puisque les Bruins, à partir de ce moment précis, ont nettement eu l’avantage sur les Canucks. Au cours de ce troisième match présenté lundi dernier au TD Garden, Boston a lessivé ses ennemis 8-1. Andrew Ference, Mark Recchi, Brad Marchand et David Krejci ont tous marqué en deuxième période, Marchand comptant même en infériorité numérique. Daniel Paillé a fait de même en milieu de troisième avant que Jannik Hansen ne prive Tim Thomas d’un jeu blanc. Mark Recchi, Chris Kelly et Michael Ryder ont complété le pointage contre Roberto Luongo qui a tout de même terminé cette rencontre très rude ponctuée de 143 minutes de pénalités. Ça n’a pas été aussi robuste mercredi soir, mais les Bruins ont quand même dominé leurs adversaires, leur infligeant un autre cuisant revers de 4-0. Roch Peverley a ouvert le pointage en milieu de première, Michael Ryder et Brad Marchand triplant l’avance des locaux en deuxième période. Rich Peverley a fermé le pointage en début de troisième, chassant du même coup Roberto Luongo de la rencontre. Les esprits se sont de nouveau échauffés en fin de match, ce qui est quand même étonnant de la part de ces deux équipes qui ne s’affrontent habituellement qu’une seule fois par année.

Les Canucks parviendront-ils à faire tourner la situation à leur avantage en revenant à la maison pour le cinquième duel, prévu ce vendredi soir? Difficile à dire, surtout quand les Bruins paraissent si unis, que leur défensive fait un tel boulot et que Tim Thomas est aussi chanceux que superbe devant son filet. Nul doute qu’il est LE candidat, jusqu’ici du moins, pour l’obtention du trophée Conn-Smythe. La série s’étirera assurément jusqu’à lundi prochain, moment où le sixième match sera disputé au TD Garden. Si un septième duel s’avère nécessaire, il serait joué à Vancouver mercredi prochain. Profitons-en pour apprécier ce style viril qui manque tellement chez les Canadiens de Montréal et qui, on doit l’avouer, est nécessaire pour jouer longtemps au printemps.

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